DÉNUTRITION – Dénutrition, Insidieuse et dangereuse
La dénutrition se caractérise par une alimentation déficiente en nutriments essentiels au bon fonctionnement de l’organisme !
La Haute Autorité de Santé qui a jugé le phénomène sous-estimé, lui consacre une semaine de sensibilisation, chaque année au mois de novembre, depuis 6 ans. Focus sur cette pathologie complexe et sournoise dont les conséquences sur la santé sont préoccupantes !
MALNUTRITION ET DÉNUTRITION
La malnutrition englobe deux modes de nutrition délétères pour la santé : la sur consommation de nourriture, notamment de sucre et de graisse qui mène à l’obésité et, la sous consommation de nutriments essentiels (protéines, vitamines, minéraux), qui, à l’inverse, génère une perte de poids, en particulier une perte de la masse musculaire -dite sarcopénie-. La première cause, notoire, de la dénutrition est le non accès à la nourriture par paupérisme. On pense bien sûr aux populations sous-alimentées qui en meurent par milliers. En France, on n’en meurt pas si on est soigné, mais elle met à mal la santé de 1 2000 personnes qui en souffrent -dont 800 00 seniors-.
Carence en nutriments ? La dénutrition ne se définit pas non plus simplement par une carence en protéine et autres micronutriments essentiels : zinc, sélénium, fer, cuivre, vitamine A, D, E, C, B9, B12… ; elle est l’état pathologique qui en résulte.
Fonte de la masse musculaire ! Quand la protéine autres nutriments sont en sous effectif, l’organisme se met à piocher dans ses réserves d’énergie ! Les muscles étant sa proie préférée, la masse musculaire morfle : en fondant, elle se rend incapable de libérer les acides aminés dont dépendent certaines fonctions, vitales. Cette perte de masse musculaire prend le nom de sarcopénie.
Système immunitaire touché coulé ! La qualité de notre masse musculaire étant cruciale pour la bonne santé de notre système immunitaire, quand elle se fait la malle, ce dernier accuse le coup et finit par démissionner de son rôle royal de garde du corps. C’est là que le bât blesse ! Privé de sa puissance de contre attaque, le système immunitaire laisse alors champ libre aux éléments pathogènes qui en profitent pour infester l’organisme à loisir.
En résumé : une perte de poids due à la fonte de la masse musculaire -non de la masse graisseuse- elle-même due à une carence en nutriments caractérise la dénutrition ; quand il y a dénutrition, il y affaiblissement du système immunitaire et, par conséquent, risque élevé de propagation de germes pathogènes.
La dénutrition est insidieuse car elle s’installe progressivement sans crier gare et que ses symptômes, d’ordre général, (fatigue, amaigrissement…), se confondent avec ceux de bien d’autres problèmes de santé.
Comment identifier la dénutrition ?
-Une perte de poids involontaire et un manque d’appétit, le tout accompagné d’une baisse d’énergie physique et psychique peut être signe de dénutrition. Dans tel cas le réflexe doit consister à monter sur une balance, spécifique, la balance impédancemètre qui évalue, en plus du poids, le pourcentage de la masse musculaire face à celle de la masse grasse ; deuxième réflexe : calculer son IMC -Indice de Masse Corporelle-.
Calcul de l’IMC : Poids -en kg- divisé par la Taille au carré -en m-. Exemple pour une personne pesant 70 kg et mesurant 1,75 m : 1-Taille au carré : 1,75 X 1,75 = 3,06. 2-Poids divisé par la taille au carré = 70 divisé par 3,06 = 22,87. On est dans la norme ! Il existe des outils en ligne qui effectuent ce calcul pour vous.
-Si la masse musculaire est insuffisante, si la perte de poids est significative -à partir de 5% de son poids en 1 mois, ou 10% en six mois- et si l’IMC est inférieure à 20 à 22, pour les seniors dont les risques de complications de santé sont accrus, il y a forte suspicion de dénutrition !
-Il est alors impératif d’effectuer une analyse de sang pour évaluer les paramètres biochimiques qui révéleront les éventuelles carences en protéines, en vitamines et en minéraux.
À noter : un senior en situation de dénutrition a beaucoup plus de mal à guérir d’une maladie et à « récupérer » puisque la synthèse des protéines marche au ralenti.
COMMENT ÇA S’ATTRAPE LA DÉNUTRITION ?
La dénutrition n’est pas une maladie mais une carence génératrice de sérieux risques pour la santé : elle s’attaque à la population senior confrontée à la solitude et à d’autres problèmes de « pauvres » ou de »vieux ». -25% des plus de 70 ans-
Parmi les causes de la dénutrition senior :
-LA MANQUE DE MOYENS : le porte-monnaie vide est souvent une raison -pourtant irrecevable- de ne pas manger à sa faim et/ou de ne pas combler les besoins nutritionnels de son organisme, de ne pas pouvoir lui « payer » son quota de protéine. La « malbouffe », les « calories vides », c’est moins cher, ça ne rime malheureusement pas avec santé.

-LA DÉMOTIVATION : l’isolement, la solitude, la dépression, ou à l’inverse la dépression suivie d’isolement et de solitude, sont d’autres chemins indirects qui mènent à la dénutrition senior avec un point commun, un des aspects psychologiques du vieillissement : la démotivation.Faire ses courses, faire la cuisine, mettre le couvert, respecter les heures de repas, et même manger -seul- ont perdu tout attrait ; en résulte une alimentation déséquilibrée et/ou insuffisante. Cette démotivation concerne également les seniors qui ont perdu leur mobilité ou qui ont drastiquement réduit leur activité physique. Les patients atteints de la maladie d’Alzheimer, quant à eux, oublient tout bonnement de s’alimenter.
-LE MANQUE D’APPÉTIT : les seniors sont plus souvent et sévèrement touchés par des maladies infectieuses, des troubles digestifs….et, comme on le sait, quand on est malade on a pas faim. Les médicaments avec lesquels on se soigne ont aussi comme effet secondaire de fatiguer l’organisme et de provoquer un état nauséeux qui n’est pas fait pour arranger les choses. -40% des malades cancéreux sont dénutris-
-LE VIEILLISSEMENT DE L’UN DE NOS SENS, LE GOÛT : la diminution de la sensibilité des papilles gustatives, l’altération du goût, la sécheresse buccale qui se manifestent avec l’âge agissent en coupe-faim. De nombreux malades du COVID ont comme séquelle une perte de goût.
-LES PROBLÈMES DENTAIRES : des dents ou gencives fragilisées empêchent tout simplement de croquer ou de mastiquer correctement.
-FACTEUR SOCIÉTAL : nos sociétés modernes minimisent l’importance du rapport à la nourriture. Nous mangeons de plus en plus vite, du « tout prêt » avare en nutriments, en oubliant que c’est l’alimentation qui nous apporte de l’énergie pour nous maintenir en vie et devrait être source de lien social.
Des études montrent que la prise en charge proactive de l’alimentation chez la personne âgée améliore significativement leur bien-être mental et physique, prouvant l’urgence d’une prévention efficace.




