Vive-Les-Seniors pour une santé durable !



PHARMACIEN, MARCHAND DE SANTÉ

Pas de maladie sans médecin, pas de médecin sans médicaments, pas de médicaments sans pharmacien : il occupe une place majeure dans le parcours santé car il détient l’exclusivité de leur délivrance.
Les seniors sont d’autant plus coutumiers de ce marchand de remèdes que leur santé se fait plus précaire au fur et à mesure que les années exercent leur travail de « sape ».

Les responsabilités du pharmacien ont évolué ; le nombre de produits « chimiques » traditionnels a augmenté ; et, s’est immiscée dans les rayonnages de l’officine une multitude de soins dits « naturels », de vitamines et compléments alimentaires, de dermo-cosmétique et un matériel médical sophistiqué en pleine expansion.

  

 

LES RÔLES DU PHARMACIEN

Le premier rôle assuré par le pharmacien depuis toujours est la délivrance des produits prescrits par le médecin, par ordonnance, et celui, concomitant de conseil – indispensable aux patients pour qu’ils utilisent à bon escient et dosées correctement toutes ces « drogues » potentiellement toxiques qu’elles soient  » chimiques  » ou  » naturelles « . Le conseil est une attente accrue face au désert médical et face à la levée des tabous et des non-dits qui a éveillé la curiosité ; les patients veulent savoir de quoi ils souffrent, ce que contiennent les produits qu’ils ingurgitent ce qui est légitime et salutaire : un patient qui devient acteur de son traitement, en bonne intelligence avec le corps médical, potentialise ses chances de réussite.

Le conseil du pharmacien consiste à :

  • lire chaque ligne de l’ordonnance avec le patient quand il s’agit d’un nouveau traitement.
  • renseigner le patient sur les principes actifs de chaque médicament, leurs indications thérapeutiques, leur mode d’administration.

  • noter sur chaque boîte de médicament la posologie par prise, le nombre de prises par jour et le nom du médicament de référence s’il s’agit d’un générique

  • rappeler le bon moment de la prise des médicaments ( pendant le repas, avant le coucher, pas avant de conduire…)

  • vérifier les interférences délétères entre médicaments, notamment quand les ordonnances sont prescrites par des médecins autres que le référent.

  • mettre en garde contre les effets secondaires de chaque médicament.

  • mettre en garde contre l’automédication qui présente les risques du surdosage : les patients qui souffrent ont tendance à prendre trop.

  • mettre en garde contre les médecines « naturelles » qui ne sont pas anodines comme on pourrait le penser mais peuvent présenter, elles aussi, des effets secondaires indésirables et des contre interactions délétères avec certaines médecines « chimiques ». En exemple la curcumine est incompatible avec les médicaments anticoagulants, qui fluidifient également le sang, ce qui peut entraîner des risques importants de saignements et d’ecchymoses.

 

À voir ci-dessous interview Pierre-Louis Berthelier, docteur en pharmacie :

 

 

PETITS ACCOMMODEMENTS AVEC LES AUTORITÉS DE SANTÉ

  • Le générique : il est désormais acquis que le pharmacien peut proposer – et vous êtes en droit de le refuser – un médicaments de substitution au médicament prescrit, le générique, en prenant soin de remettre un produit dont la molécule et le dosage sont identiques à ceux du médicament de référence ; l’enrobage et l’excipient peuvent en revanche différer. Question économique pour la Sécurité Sociale : le générique est moins onéreux que le médicament prescrit, pour une même efficacité. Question pratique : il est particulièrement apprécié durant les ruptures de stock des médicaments de plus en plus fréquentes.
  • Ordonnance périmée : les autorités de santé ont légitimé une procédure de dépannage qui autorise le pharmacien à délivrer les médicaments d’une ordonnance périmée ( dans la limité d’un mois ) quand le patient n’a pas obtenu de rendez-vous avec son prescripteur en temps et en heure.
  • Le conseil en rendez-vous privé : la Sécurité Sociale a instauré un système d’entretien privé – remboursé – avec le pharmacien. Le pharmacien peut ainsi faire avec le patient un tour d’horizon global de ses problèmes de santé et de ses traitements ; le médecin traitant auquel l’information est remontée, peut compléter son dossier ( maladies soignées par d’autres médecins que lui ) pour optimiser son suivi médical. Il peut être ainsi prévenu d’une atteinte sérieuse de son patient – tel le cancer – dont les traitements lourds ( 6 mois à 9 mois ) sont gérés la plupart du temps entre l’hôpital et le pharmacien et qu’il a été écarté du suivi in facto. 
  • Changement de fusil d’épaule : le pharmacien ne va jamais contre une ordonnance ; en revanche, il peut diriger ses patients vers des médecines alternatives quand le patient vient sans avoir consulté son médecin ou quand un produit ordonné dit de « confort  » ( sans urgence vitale ) ne lui convient pas ou plus.   

 

 

PARACÉTAMOL, DOLIPRANE, ASPIRINE, IBUPROFÈNE : VÉRITABLE EMBROUILLAMINI

Le paracétamol est la substance chimique la plus utilisée au monde. Sa capacité à diminuer la fièvre et à soulager les douleurs – modérées – lui donne naturellement un statut enviable.

Le Doliprane contient le même ingrédient actif que le paracétamol, à savoir l’acétaminophène. Tous 2 sont reconnus pour leur efficacité… mais au-delà de 6 g/j pour un traitement ponctuel, ou en cas d’usage au long cours, le paracétamol présente une sévère toxicité pour le foie. Il est donc fortement contre-indiqué chez les personnes souffrant d’insuffisance hépatique.

L’aspirine ou l’ibuprofène agissent, eux, directement sur l’inflammation qui provoque la douleur ; ils sont donc censées soulager plutôt les douleurs d’origine inflammatoire. S’ils épargnent le foie, ces « AINS » provoquent des irritations sur l’estomac.

Attention, quand on souffre, on a tendance à prendre de manière démesurée et à se surdoser !  » Il avait établi son propre diagnostic : rhumatismes … Il avala toute une pharmacie d’anti-inflammatoires. » René Fallet

 

 

LA SYMPHONIE DES PRODUITS PHARMACEUTIQUES

 La pharmacie commercialise des médicaments « chimiques », prescrits ou non, – dont, les anxiolytiques et somnifères sur consommés en France surtout par les seniors – ; aujourd’hui elle propose un rayon de plus en plus fourni de dermo-cosmétique – hypo allergénique -, de vitamines et de compléments alimentaires, de produits « naturels » ou appartenant aux médecines alternatives, potentiellement toxiques ( notamment toute le gamme de la phytothérapie et en particulier les huiles essentielles ) -, et, un matériel médical conséquent dont une majorité est destinée à faciliter la vie quotidienne des seniors. 

 

LE MATÉRIEL MÉDICAL

La pharmacie ne distribue pas que des produits à avaler, à administrer, à appliquer, – crèmes, lotions, huiles, suppositoires -, elle commercialise toute une panoplie de matériel médical tous usages dont une majorité est destinée à favoriser le maintien à domicile des personnes âgées. Ci-dessous les plus demandés. 

Aides à la marche : de la simple canne, à la canne anglaise, la canne tripode, la canne siège, la canne à embout béquille, on peut passer aux déambulateurs – fixes ou sur roues -. Même si vous marchez sans difficulté particulière, les cannes sont utiles pour maintenir votre équilibre et éviter les chutes ; si elles vous paraissent faire « vieux », elles peuvent être élégantes, décorées ou remplacées par des bâtons de randonnée ou de marche nordique ; ces derniers les bâtons aident à prendre appui en montée et évitent la glissade lors des descentes. Fléchir légèrement le tronc vers l’avant, ne pas trop plier les coudes lors de la poussée des bâtons au risque d’accentuer les tensions sur les articulations et provoquer des douleurs. Pour les personnes qui sont dans l’incapacité de marcher, une kyrielle de fauteuils roulants manuels ou motorisés sont proposés.

Anti-douleurs :

les patchs transdermiques ont fait une petite révolution il y a une trentaine d’années et rencontrent un vif succès : appliqués directement à l’emplacement de la douleur, ils ont une action presque instantanée puis la chaleur des substances libérées dans le corps active le processus de diffusion, et elles atteignent rapidement les récepteurs de la douleur pour atténuer ses symptômes. Ils sont généralement utilisés pour traiter les douleurs chroniques, – athrose et/ou arthrite – ou post-opératoires. Pour les douleurs aiguës ou les douleurs temporaires, d’autres formes de médicaments sont plus appropriées. Ces patchs reproduisent un peu l’effet  » coussin chauffant  » avec un point d’impact plus précis. Le principe de patch est aussi utilisé dans le traitement hormonal de la ménopause – destiné à pallier  le manque d’estrogènes -. Les doses d’estrogènes sont adaptées en fonction des signes de sous ou de surdosage : le traitement doit être réévalué par le médecin au moins une fois par an.

Les orthèses, avec différents rôles – de contention, d’immobilisation, de stabilisation correctrice -, ont toutes pour objectif collatéral la réduction de la douleur. Les plus demandées sont les « colliers  » en mousse pour les cervicales, les gilets d’immobilisation d’épaules, les dispositifs d’immobilisation des poignets, des mains, des pieds, les ceintures lombaires pour le dos, les chevillères et les genouillères, les attelles pour les doigts, les pouces…

Confort au lit ou assis : il est proposé toutes formes de coussins à effet de mémoire et de dosserets de positionnement.

Circulation veineuse : les stimulateurs de circulation veineuse, fortement vantés par la publicité, ont une réelle efficacité.

Sécurité : barres d’appui, tapis anti-dérapage, réhausseurs de toilette, chaussons anti-dérapages, marche-pieds évitent bien des chutes.   

Toilette et habillage : divers petits outils sont souvent nécessaires pour faciliter ces gestes du quotidien ; éponges à manche lave-dos, brosses à orteils, cuvettes lave-tête pour les shampoings, enfile-chaussettes, chausse-pieds… 

Personnes alitées : un matériel médical très sophistiqué peut accompagner des personnes non autonomes, atteintes de maladies longue durée ou incurables dans leur maintien à domicile : matelas d’air ou de mousse anti-escarres, arceaux, lits médicalisés…

Apnée du sommeil : un médicament est à l’étude qui pourrait se substituer au masque à oxygène, pénible à supporter toute une nuit et, quelque peu  » tue l’amour « . 

Démangeaisons : pas d’outil merveille pour la bonne raison que pour les démangeaisons , le conseil suprême est de ne pas se gratter mais d’utiliser des crèmes apaisantes. Ces crèmes commencent fréquemment par un X. Voir image ci-contre. Pour les femmes, la  » brassière  » qui semble avoir le vent en poupe présente le double avantage par rapport au soutien gorge traditionnel : pas d’agrafes donc pas d’irritation de la peau et, pas de difficulté à  enfiler ou à boutonner – sur le devant -.

 

 

À SAVOIR 

La version dématérialisée de la Carte Vitale a fait son apparition 2024 : elle n’annule pas la CV physique, elle est gratuite comme elle, et contient, comme elle, les renseignements nécessaires au remboursement des frais de santé. Une fois téléchargée et activée, elle permet d’avoir sa CV dans son téléphone, avec ses droits toujours à jour et la possibilité de suivre en direct ses dépenses de santé.  

Livraison à domicile : elle est régulièrement pratiquée par les pharmaciens et ces derniers sont assez fédérés entre eux pour s’entr’aider et récupérer auprès de leurs confrères le médicament qui leur manque pour le livrer le plus rapidement possible.

La vaccination : le pharmacien est devenu le praticien en chef de la vaccination depuis que le Covid a fait rage ; pour avoir suivi une formation spécifique, il est devenu à la fois praticien et prescripteur d’à peu près tous les vaccins ; il recommande ceux qu’il juge nécessaires ou ceux dont le rappel est périmé, selon l’état de santé, l’âge du patient et les aléas spécifiques ( période Covid ). L’hésitation vaccinale concerne encore 40% de la population en Occident ( dont certains vont jusqu’à être sérieusement « antivax » activistes ). 

Le tout en un : la « polypilule » est à l’étude ; elle associerait dans un seul comprimé plusieurs médicaments à faibles doses – en exemple des antihypertenseurs pour contrôler la tension, de la statine pour réduire le mauvais cholestérol et de l’aspirine pour éviter la formation de caillots dans le sang -. Un traitement préventif peu coûteux.

 

DICO

Orthèse : par opposition à la prothèse qui remplace un membre manquant, l’orthèse est un dispositif médical qui permet de suppléer, compenser, soutenir ou protéger une partie du corps en l’immobilisant ou en réduisant la mobilité de l’articulation en souffrance pour en même temps pallier la douleur.

Pneumocoque : l’infection pneumococcique est une infection bactérienne des voies respiratoires qui peut avoir des complications graves -la pneumonie -, voire mortelles. Le porteur de la bactérie – dans le nez ou la gorge – peut la transmettre sans être malade. Les seniors dont le système immunitaire est affaibli sont dans les plus exposées au risque d’infection : à partir de 65 ans, la sévérité de ces infections invasives est multipliée par trois.

Médicament : pour être appelé comme tel, il doit correspondre à une définition précise donnée par le Code de la Santé Publique. Il est un produit spécifique soumis à différentes procédures et à de tests d’efficacité et de toxicité avant d’être mis sur le marché. Il peut soigner une maladie, la prévenir, aider à faire un diagnostic, modifier une fonction de l’organisme. Un médicament se compose de 2 types de substances : celle(s) porteuse(s) de l’activité. Ce sont les principes actifs, ou substances actives ; celle(s) qui serve(nt) à fabriquer le médicament dans sa forme finale sans être porteuses d’activité. Ce sont les excipients tels que l’amidon, la gélatine, le lactose, etc… Tout médicament prescrit pour un effet thérapeutique a un effet dit secondaire, plus ou moins indésirable ! Les soins à base de plantes n’en sont pas exemptes. 

 

À voir ci-dessous interview Pierre-Louis Berthelier, docteur en pharmacie :

 

 

CITATIONS

 » Nous trouvons de tout dans notre mémoire : elle est une espèce de pharmacie, de laboratoire de chimie, où on met la main tantôt sur une drogue calmantetantôt sur un poison dangereux. » Marcel Proust

“ Je me suis rendu compte que j’avais pris de l’âge le jour ou j’ai constaté que je passais plus de temps à bavarder avec les pharmaciens qu’avec les patrons de bistrot.Michel Audiard

 » Les incessants progrès de la chirurgie, de la médecine et de la pharmacie sont angoissants : de quoi mourra-t-on dans vingt ans. » Philippe Bouvard

 » Je suis toujours curieux de savoir ce que lisent les gens ; la seule chose qui nous en apprenne davantage sur eux est l’examen de leur armoire à pharmacie. » Stephen King

 

 

UN PEU D’HISTOIRE

Les apothicaires, précurseurs de nos pharmaciens, préparaient et vendaient des breuvages et des médicaments pour les malades, mais à la différence de nos pharmaciens, leur rôle de thérapeutes était accompagné de celui de simple épicier appelé « épicer-apothicaire ». La profession ne s’autonomisa qu’au xviiie siècle et l’apothicairerie fut progressivement remplacée par la pharmacie à partir du xixe siècle.

L’outil principal de l’apothicaire à partir du xive est l’herbier, album botanique où il est précisé le mode de conservation et de préparation des plantes, leurs indications médicales à effets thérapeutique et la posologie à observer pour un bienfait conséquent. L’herbier devient donc indispensable pour les médecins et pharmaciens. La distinction entre les plantes condimentaires et celle des herboristes est souvent difficile à faire : la moutarde par exemple, à usage alimentaire et pharmaceutique peut être classée dans une catégorie comme dans l’autre.

 Saint Côme et Saint Damien : ils sont Saints patrons des médecins et des pharmaciens depuis le Moyen Âge ; ces frères jumeaux sont alors dit frères anagyres pour soigner sans accepter d’argent conformément à l’idée de charité qui est l’une des obligations de la foi chrétienne. L’attribut de saint Côme est l’urinal, celui de saint Damien la spatule et la boîte à médicaments ou un pot d’onguent. Ainsi, saint Côme serait thérapeute, le médecin mirant l’urine présente dans l’urinal et saint Damien, le préparateur de médicament, et donc l’apothicaire.

L’apothicaire « doit être un homme propre et religieux, craignant Dieu d’abord, puis les hommes. Il doit peser ses paroles et surtout ses écrits. » Il conseille par ailleurs de faire payer le prix juste aux gens aisés, d’avoir des égards pour les autres et de donner les remèdes gratuitement aux pauvres. Cohen el Atthar  

 

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