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RÉVOLTE – La Révolte des seniors

RÉVOLTE – La Révolte des seniors

Avant, il y avait peu de vieux, en tout cas, on était vieux moins longtemps. Ils s’appellent maintenant plus gracieusement « seniors » : grâce aux gigantesques progrès de la médecine et des techniques accordées au bien-être, ils voient leur espérance de vie amplement prolongée -ils peuvent vivre jusqu’à 40 ans après leur retraite- : de  fait, ils sont de plus en plus nombreux.

Erri de Luca : « La vieillesse aujourd’hui se répand dans la population jusqu’à devenir majoritaire. »

Boris Cyrulnik : « La vieillesse est donc un effet ­secondaire des grands progrès.…! » 

Les seniors sont-ils satisfaits du rab qui leur est octroyé ? Pas toujours,  malheureusement et les inégalités sociétales jouent pour beaucoup dans les aspects néfastes du vieillissement : les plus pauvres et les plus isolés sont en position de plus grande faiblesse. 

Rose-Marie Lagrave« La vieillesse est le miroir grossissant des inégalités sociales, de genre, selon les origines ethniques et les sexualités, de sorte que cet invariant universel se décline en expériences diamétralement opposées selon l’imbrication contextualisée de ces propriétés sociales. »

Boris Cyrulnik : «La façon dont nous vivons cette vieillesse dépend en partie de la façon dont nous avons vécu notre petite enfance, de la stabilité affective, des interactions précoces vécues pendant la grossesse et pendant l’année pré verbale. »                                                                                                                                          «Au regard du passé, il apparaît que nous vieillissons comme nous vivons. »

 

Le quotidien « Libération » a permis à 4 auteurs -en août dernier- de dire quelle allure prenait leur propre vieillissement : Laure Adler,  -journaliste, chroniqueuse, productrice, ente autres-, Boris Cyrulnik, -auteur, médecin neuropsychiatre-, Rose-Marie Lagrave, -sociologue-, Erri de Luca -journaliste, romancier, poète – 

Du bonus, oui, mais dans quel état ? Le but n’est pas de « subir » cette tranche de vie mais d’en profiter pleinement ; pour cela il faut autant que possible rester en possession de ses moyens physiques et psychiques : c’est la mission que se donne le « coaching » proposé sur le site de VIVE-LES-SENIORS tous les 10 jours. 

EL est de cet avis : « Son objectif et le mien ne sont pas de prolonger à outrance la durée de la vie, mais de la garder en bon état au jour le jour, tant qu’il y en a. »

Ces 4 personnalités voient des aspects positifs dans leur vieillissement et expriment une sensation de bien-être à abandonner la course poursuite vers un objectif si possible ambitieux, qu’avec le recul ils n’auraient pas tant de regrets à quitter. Leur apporterait-il- le complément qui justifie les efforts de leur passé ? Merci à eux de lui redonner son juste prix.

 

LA et BC s’accordent sur le bonheur de se contenter de choses simples 

LA : « Heureuse, je suis heureuse de me lever dans la blancheur du matin »    Vieillir, « C’est juste une chance. Il faut l’attraper comme cette peluche que les petits ­enfants espèrent décrocher au manège. »

BC : « Des petites choses auparavant considérées comme fades et sans goût peuvent être source d’une sensation de bien-être incroyable : un petit-déjeuner réussi, la lecture d’un journal, la visite d’un enfant ou la discussion avec un voisin… Tout cela participe à la sécrétion d’endorphines.»   « Pour ma part, je vois bien comment ces petits riens du quotidien m’apportent du bonheur. »  « Quand j’étais enfant, aller au marché faire des courses était une contrainte, aujourd’hui, j’ai plaisir à entendre les gens bavarder, à voir les étalages de légumes. »

Sur la satisfaction de s’abstraire du chahut compétitif et médiatisé

LA : « Oui, vieillir, c’est accueillir ce qui vous arrive dans l’intensité d’un présent qui, autrefois, vous était dérobé par le­ vacarme du monde, le tourbillon des projets, le songe des désirs inavoués. Le temps se calme. »    « Vieillir, c’est savoir qu’on est de l’autre côté du monde, pas dans la folle vibration de l’électricité des secondes mais dans la lente observation de la respiration du monde. »    « Vieillir, c’est se désencombrer de ce soi qui vous a tant harcelé. »

Déjà Platon parlait ainsi : « La vieillesse est un état de repos quant aux sens. Lorsque la violence  des passions s’est relâchée, on se voit délivré d’une foule de tyrans forcenés.» 

 

Sur un sentiment de liberté apaisant 

BC : « Personnellement, la vieillesse a été un ­facteur d’accomplissement »  « Aujourd’hui, j’ai la liberté de parole, d’action, et un grand plaisir à vivre. »       « Pour moi et beaucoup de gens de , les hommes comme les femmes, ma génération, l’âge a été un facteur d’émancipation. »     « N’ayant plus de carrière à faire, je pouvais enfin dire ce que je pensais : cela a authentifié ma parole. »     « Mais l’âge m’a surtout apporté beaucoup de liberté. Pour moi et pour beaucoup de gens de ma génération, les hommes comme les femmes, l’âge a été un facteur d’émancipation. »

LA : « L’âge mûr est comme un cycle de liberté et de plaisir où je peux accomplir ce à quoi je n’avais ­jamais pensé. »

Ingmar Bergman disait aussi : « La vieillesse est comparable à l’ascension d’une montagne. Plus vous montez, plus vous êtes fatigué et hors d’haleine, mais combien votre vision s’est élargie. »

 

En revanche, tous avouent ne pas avoir appris à vieillir : les « coaching » de VIVE-LES-SENIORS sont justement des leçons de bien vieillir !

EL : « Je considère la vieillesse moderne comme un âge expérimental. En effet, chacun est vieux pour la première fois. »    « Je m’engage dans ce temps nouveau en novice, avec un esprit d’improvisation. »   « C’est la première fois que ce corps, prototype commun à l’espèce humaine, est soumis à l’expérience collective de prolonger la vie biologique ! »    «En vieillissant, j’ai appris à faire alliance avec mon corps .»  Après 3 infarctus en rafale,  « J’ai  découvert un nouveau rapport avec son corps, une sorte d’alliance. Depuis lors, je suis son élève.»  « Bizarrement, la vieillesse a un plus grand besoin d’activité physique. C’est ce qui est nécessaire à son entretien. Je ne le savais pas avant. On ne me l’a pas appris. »

R-M L : Le «savoir vieillir» est socialement construit, ce qui suppose une ­décentration du regard. »          « A cet égard, le «savoir vieillir» de Cicéron se veut bain de jouvence ; il devrait figurer dans toutes les bibliothèques des Ehpad, en supposant qu’elles existent. »

La révolte des seniors

On parle peu des seniors, trop peu ou on parle à leur place ! Ils sont transparents, assure Laure Adler,  qui lance la polémique avec son : « Je suis vieille et je vous emmerde ! » et entend mener la révolte des seniors.

Ce qui est révoltant pour les seniors, c’est cette société éprise de jeunisme qui les « invisibilise » 

LA : « Nous, le peuple invisible, nous avons accepté – jusqu’à aujourd’hui mais les choses sont en train de changer – cette invisibilisation, ce consentement­ volontaire à ne plus être des sujets à part entière de la société. »  «Vieillir pourtant, ce n’est pas courir à sa perte. Ce n’est pas parce qu’on est vieux qu’on est bon à jeter à la benne aux ordures. »   « Envoyez les vieux dans des Ehpad où plus c’est cher moins il y a à bouffer. Invisibilisez nous. Envoyez-nous loin, le plus loin possible. Oui mais nous, le peuple des vieux, nous commençons à résister.» « Nous savons aussi dire non. Ce n’est pas parce qu’on a obéi pendant si longtemps silencieusement à vos injonctions funèbres que cela va continuer. » « On nous met loin du cœur des cités pour ne pas déranger, on nous exporte loin du cœur battant parce qu’on pourrait gêner. » « Allons-nous longtemps nous contenter du monde en solde que les ­autres, certains autres, veulent nous ­léguer pour mieux nous reléguer ? »

« La révolte des vieux ne fait que commencer. »

EL : « Le recours fréquent à la réclusion de personnes âgées dans des hospices, appelés poliment aujourd’hui «résidences» et «maisons de retraite», alerte un homme de mon âge sur l’urgence d’éviter de tels internements. On est parmi les premiers à être mis de côté, isolés : il faut agir à temps et avec habileté. 

R-M L : Pour s’opposer aux normes qui formatent les vieux en individus socialement acceptables et dociles, il faut sortir de soi et sortir de ses gonds. Et d’abord ne pas se soumettre à la règle informelle qui voudrait que les vieux paraissent vieux. »    « C’est ce patient travail de conquête de l’autonomie, devenu habitus ou seconde peau au moment du grand âge, qui permet de mieux faire face aux fragilités de la vieillesse et de déconstruire l’infantilisation dont elle est l’objet. »

 

 

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