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PROSTATE – La Prostate dans tous ses états

PROSTATE – La Prostate dans tous ses états

« Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la prostate sans jamais oser le demander »

Nous avions récemment interviewé le Dr Brigitte Salama sur l’affection la plus répandue de la sexualité féminine senior, la « sécheresse vaginale ». 

C’est sur un sujet exclusivement masculin, sexuel et senior que nous interviewons aujourd’hui le Dr Amsellem Ouazana : les troubles du fonctionnement de la prostate, dont son cancer.

Les tempes grisées des hommes seraient sexy, leurs rides accueillies comme une coquetterie virile. En revanche, tandis que la femme combat de manière presque obsessionnelle les marques du temps sur sa peau, comme les pires trouble-fête de sa beauté, l’homme reporte toute son anxiété sur sa prostate, un « gros mot » synonyme de vieillissement, de trouble de l’érection et d’atteinte à sa virilité.

Urologue ou néphrologue ? L’urologue soigne les atteintes infectieuses, tumorales traumatiques, congénitales, lithiasiques, (relatives à la formation de calculs) de l’appareil génital de l’homme-testicules, prostate et verge- et de certaines parties de celui de la femme -vulve et vagin-. Il soigne également les pathologies de l’appareil urinaire qui suit la trajectoire de l’urine : rein, urètre, vessie, de l’homme et de femme. Ne pas frapper à la mauvaise porte : le néphrologue soccupe du fonctionnement du rein et de sa capacité à filtrer le sang pour en faire de lurine. Les troubles du tube digestif sont réservés au gastro-entérologue. La casquette chirurgicale du dr Amsellem Ouazana couvre la pratique :

  • de la chirurgie urologique « classique » : calcul, prostate, testicules, zone pelvi-périnéale -relative au bassin et au périnée de la femme.
  • de la chirurgie robotique (en particulier pour les cancers urologiques : rein, prostate, vessie). La chirurgie robotique, grâce à une vision magnifiée en 3 dimensions permet de délimiter plus facilement la partie à éliminer, et de préserver ainsi, beaucoup mieux qu’avant, les nerfs de l’érection !

Le rôle de l’urologue étant posé, écoutons le Dr Amsellem Ouazana parler des 2 pathologies de la prostate liées au vieillissement, le sujet de notre UNE DU JOUR : l’adénome et le cancer. (L’infection prostatite aigüe, fréquente, n’est pas liée au vieillissement ; elle est traitée par antibiotiques, -sonde vésicale si besoin.)

 

FAISONS CONNAISSANCE AVEC LA PROSTATE

La prostate est une glande située sous la vessie et au dessus de l’urètre, -qui mène du col de la vessie au méat urétral, pour permettre l’écoulement de l’urine et, chez l’homme, le passage du sperme-. La zone centrale de la prostate est divisée en 2 lobes par l’urètre qui la traverse. Sa zone périphérique ou « capsule » est accolée aux bandelettes vasculo-nerveuses porteuses des nerfs de l’érection. Ce sont ces bandelettes, les maîtres d’oeuvre de l’érection et non la prostate elle-même qui remplit en revanche plusieurs rôles. Le muscle sphincter situé sous l’urètre gère la miction -expulsion des liquides contenus dans la vessie-. 

Les 2 atteintes de la prostate qui accompagnent souvent son vieillissement sont l’adénome, -ou hypertrophie bénigne de la prostate- et le cancer.

 

L’ADÉNOME de la PROSTATE

Il est fréquent chez l’homme de plus de 55 ans : les deux « oeufs » formant la zone centrale de la prostate prenant du volume en vieillissant, l’urètre se trouve comprimé ce qui rend la miction difficile et des symptômes fort désagréables tels :

  •  la pollakiurie ou symptômes de remplissage : fréquence des envies le jour et la nuit.
  • l’urgenturie : urgences des mictions.
  • la dysurie ou symptômes d’évacuation : difficulté à provoquer la miction, faiblesse du jet, sensation de mauvaise vidange, donc obligation de miction à répétition.
  • ne pas confondre avec la nycturie : besoin d’uriner qui réveille le patient la nuit.

TRAITEMENTS DE L’ADÉNOME : si la qualité de vie n’est pas plus affectée que cela par l’adénome, on fait un contrôle annuel et on prescrit des traitements à base de plantes. Quand la gêne devient trop lourde à gérer, on prescrit, soit des alpha bloquants pour ouvrir la partie initiale de l’urètre et faciliter ainsi le passage de l’urine, soit des inhibiteurs de 5 -alpha réductase- qui réduisent le volume de la prostate en 6 mois de temps environ. Si cela ne suffit pas on passe à la chirurgie.

CONSÉQUENCES DES TRAITEMENTS DE L’ADÉNOME :

Les alpha bloquants provoquent ce qu’on appelle « l’éjaculation rétrograde » qui dure le temps du traitement. C’est quoi l’éjaculation rétrograde ? C’est surprenant, déroutant même, car le sperme est éjecté, non pas à l’extérieur mais à l’intérieur (totalement ou en grande partie) ; mélangé à l’urine, il est évacué avec la miction. Donc un orgasme normal, mais un orgasme sans sperme ! 

Les inhibiteurs de la 5 alpha réductase, eux, peuvent induire des problèmes érectiles.

En chirurgie, si on ne touche pas aux nerfs, il n’y aura pas de conséquences d’ordre sexuel.

 

CANCER DE LA PROSTATE  

Pour qu’il y ait suspicion de cancer, il faut, qu’à la fois le toucher rectal et le taux de PSA présentent une anomalie. Dans ce cas il y a immédiatement prescription d’une IRM de la prostate puis une biopsie pour détecter le stade d’évolution du cancer :

1- CANCER LOCALISÉ à la prostate, indolent.

1 bisCANCER LOCALISÉ présentant un risque d’évolution.

2CANCER DEBORDANT légèrement de la prostate.

3- CANCER MÉTASTATIQUE, propagé à une autre partie du corps.

1-CANCER LOCALISÉ à la prostate, indolent. Compte tenu d’une évolution sans doute lente du cancer de la prostate chez un senior et face à sa fragilité, on ne va pas lui infliger de traitement agressif mais on va instaurer une « surveillance active ». Ce n’est pas RIEN FAIRE, c’est suivre consciencieusement et régulièrement l’évolution du PSA, contrôler l’image IRM et refaire des biopsies.

1 bis- CANCER LOCALISÉ présentant un risque d’évolution. Dès constat d’une légère évolution du cancer, 3 types de thérapie sont envisagés en fonction de l’âge, des données et des biopsies : –Radiothérapie externe, –Radiothérapie interne ou curiethérapie, –Chirurgie (aujourd’hui, pratiquement exclusivement robotique). Ces traitements présument d’un très bon pronostic de guérison.

Dans tous les cas de chirurgie du cancer de la prostate un mot d’ordre : ne jamais préserver à tout prix les nerfs de l’érection au détriment de l’éradication du cancer !

TROUBLES INDUITS PAR LA RADIOTHÉRAPIE : pas toujours, pas immédiatement, progressivement peuvent survenir : -des cystites radiques (brûlures urinaires, mictions fréquentes, sang dans les urines) -des rectites radiques (sang et glaires par l’anus), -des troubles de l’érection

2- CANCER DÉBORDANT légèrement de la prostate. Le cancer a dépassé la capsule prostatique, il a éventuellement atteint quelques ganglions, mais pas de métastases osseuses ou viscérales en vue. Le traitement consiste en l’association d’hormonothérapie et de radiothérapie

TROUBLES INDUITS PAR L’HORMONOTHÉRAPIE : troubles de l’érection et effets semblables à la ménopause : bouffées de chaleur, perte de la libido…

3- CANCER MÉTASTATIQUE. On parle là d’un cancer qui s’est propagé à une autre partie du corps, qui s’est « métastasé » (souvent métastase osseuse). On le traite par des hormonothérapies « nouvelle génération », de la chimiothérapie, de la radiothérapie classique ou ultra précise (Cyberknife), ciblée sur les métastases. Enfin, par la chirurgie.

TROUBLES INDUITS PAR LA CHIMIOTHÉRAPIE : altération de l’état général

Bonne nouvelle, la prévention devrait pratiquement éradiquer les cancers avancés de la prostate. Elle est primordiale ! Et, moins le cancer est avancé, moindres seront les effets secondaires d’ordre sexuel et/ou d’ordre urinaire.

LA PRÉVENTION

c’est simplissime et efficacité :

VISITE ANNUELLE CHEZ L’UROLOGUE

POUR UN TOUCHER RECTAL ET

UN CONTRÔLE DU TAUX DE PSA (Prostatic Specific Antigen) PAR ANALYSE DE SANG.

VAINCRE LES TROUBLES URINAIRES déclenchés par la radiothérapie, l’hormonothérapie et/ou la chirurgie.

La récupération des troubles urinaires est progressive -jusqu’à 2 ans- grâce à la rééducation, ou si cela est insuffisant grâce à une pose par intervention chirurgicale de bandelette sous l’urètre, ou d’un sphincter artificiel (le patient appuie sur une petite poire invisible cachée dans la bourse pour uriner)

VAINCRE LES TROUBLES ÉRECTILES déclenchés par la radiothérapie, l’hormonothérapie et/ou la chirurgie.

Il ne faut jamais baisser les bras CAR IL EXISTE DIFFÉRENTES SOLUTIONS AUX PROBLÈMES ! Sous 2 conditions pourtant :

-MOTIVATION DE LA/LE PARTENAIRE : la (le) partenaire doit être patient, optimiste, bienveillant, et surtout concerné et motivé  par l’acte sexuel.

-PATIENCE : après un traitement chimique ou une ablation de la prostate, la récupération peut être lente, le patient doit en être prévenu. Attention, si l’érection était difficile avant l’opération, elle ne sera pas meilleure après.

Après une ablation de la prostate, les troubles de l’érection peuvent être pris en charge par -les inhibiteurs des phosphodiestérases de type 5 (Viagra, Cialis, Levitra, etc..), des « facilitateurs » de l’érection qui nécessitent une stimulation sexuelle, par -les prostaglandines -en gel urétral ou auto injection dans la verge-, érection automatique qui ne nécessite pas de stimulation sexuelle.

La préservation de l’érection est possible chez 71% des patients avec une stratégie de préservation d’une bandelette vasculo-nerveuse.

 

NOTRE PROCHAIN ARTICLE EST RÉSERVÉ À L’INAUGURATION DE NOS 

« CAFÉ SANTÉ SENIORS « , opération Vive-Les-Seniors.fr soutenue par notre député sur la 18ème circonscription, Paris, Mr Aymeric Caron

Réunion mensuelle , -gratuite- de seniors dans un café ou autre lieu convivial, autour d’un médecin -médecine traditionnelle ou complémentaire- ou d’un professionnel du bien-être qui traitera d’un sujet concernant leur santé ou leur condition physique et répondra à leurs questions.

OBJECTIF DES « CAFÉ SANTÉ SENIORS « 

Répandre la santé parmi les seniors, santé sans laquelle ils n’ont aucune chance de vivre sereinement cette étape de vie. Leur apprendre à naviguer sur le site d’information vive-les-seniors.fr.

Au mois de novembre, nous diffuserons une interview du Dr Gérault, psychiatre -sur le thème de la dépression-, une interview de Véronique Sanson, puis une interview de Anne Arthus-Bertrand, atteinte de la maladie de Parkinson et de son médecin neurologue, le Dr Bonnet.

Notre chaîne YOUTUBE vient d’ouvrir : https://www.youtube.com/@vivelesseniors

 

 

 

 

 

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